La recherche animale est obsolète

Nous vous présentons le point de vue d’un médecin du travail très sensible à la prévention. Sa critique de la recherche animale et son appel à éduquer et à responsabiliser les patients sonnent très juste.

recherche Kühner
Le Dr Eva Katharina Kühner a obtenu un mastère en management des ressources et de l’environnement en parallèle de ses études de médecine à l’Université Justus Liebig de Giessen. Elle a ensuite complété sa thèse de doctorat en 2014. Depuis, elle exerce dans la médecine du travail, en plus de son rôle de consultante scientifique pour DAAE (Doctors Agains Aimal Experiments ; Médecins contre les expériences sur des animaux ; Allemagne).

Il existe suffisamment de connaissance scientifiques pour établir les principales causes de certaines de nos maladies, notamment le diabète ou l’hypertension, pour lesquelles les patients se voient souvent prescrire des médicaments à vie. Ces médicaments, bien sûr testés sur des animaux, sont-ils vraiment utiles et sans danger pour l’homme ?

A l’heure où il existe tant de méthodes fiables pour obtenir des données pertinentes pour l’homme, c’est à une complète remise en question de l’expérimentation animale que nous invite le Dr Eva Katharina Kühner.

Antidote Europe (AE) : A quel moment au cours de vos études de médecine avez-vous commencé à remettre en question la validité des modèles animaux en ce qui concerne la médecine humaine ?

Eva Katharina Kühner (EKK) : J’ai toujours été mal à l’aise de savoir que des expériences sur des animaux étaient faites pour tester des substances chimiques industrielles et pour développer des médicaments. Au début de mes études de médecine, je ne savais pratiquement rien sur l’expérimentation animale. Je croyais qu’elles n’existaient pratiquement pas, en raison des méthodes nouvelles et modernes qui les auraient remplacées.

Plus tard, en cherchant un sujet de thèse, j’ai été confrontée à davantage d’expérimentation animale car plusieurs de mes amis et collègues devaient faire de telles expériences pour leurs thèses de doctorat. A cette époque j’ai décidé que je n’approuverais ni ne soutiendrais jamais ce système.

Après la fin de mes études, j’ai eu plus de temps pour examiner l’expérimentation animale et ses conséquences et j’ai alors décidé de rejoindre DAAE (Médecins contre les expériences sur des animaux), une association à but non lucratif que j’ai trouvée sur internet. J’en suis devenu un membre actif et j’ai appris de plus en plus de choses au sujet de l’expérimentation animale et pourquoi elle es si dommageable pour la recherche biomédicale et pour la santé humaine.

Les expériences sur des animaux sont fallacieuses du point de vue scientifique et cela m’est apparu quand j’ai commencé à collaborer professionnellement avec DAAE.

AE : Quelle est votre opinion actuelle sur l’expérimentation animale ?

EKK : D’après moi, l’expérimentation animale est une méthode scientifique absurde et sans validité. Toutes les expériences sur des animaux devraient être interdites immédiatement et il y a nécessité de changer le système de la recherche scientifique dans son ensemble. Un changement dans la pensée doit être réalisé pour pouvoir révolutionner le monde scientifique afin de pouvoir obtenir des résultats pertinents, valides et fiables. La recherche animale est obsolète.

AE : Si vous étiez ministre de la Santé aujourd’hui, quelles seraient vos prioirités pour améliorer la santé publique ?

EKK : Mes priorités seraient d’améliorer la santé publique en modifiant les modes alimentaires et en encourageant la population à pratiquer des activités sportices et à cesser de fumer. Je promouvrais également une alimentation végane et j’essaierais de me concentrer sur les bénéfices d’une alimentation à base de végétaux. Chacun devrait être conscient des problèmes qu’il se crée par ses habitudes alimentaires. J’essaierais de provoquer un changement dans les mentalités et un sens des responsabilités. Ceci aiderait à prévenir beaucoup de maladies liées au mode de vie comme le diabète, les troubles lipidiques dans le sang ou l’hypertension.

AE : Nous vous remercions pour le temps que vous avez consacré à cette interview. Y a-t-il d’autres commentaires que vous souhaiteriez faire ?

EKK : Oui, à mon avis les expériences sur des animaux sont l’une des pires erreurs dans l’histoire de l’humanité. Ce système de recherche scientifique est absolument absurde et totalement erroné. Je pense que si nous voulons changer le monde et en faire une place meilleure pour les générations futures, l’abolition complète de toute l’expérimentation animale est une absolue nécessité. Sans empathie, compréhension et tolérance, nous ne serons jamais capables d’atteindre une coexistence pacifique avec autrui et avec la nature et les animaux. Ceci devrait être notre objectif.