Quelle sera la nouvelle star des laboratoires ?

star des laboratoiresVous pensiez que la mode s’appliquait uniquement à la haute couture, aux cosmétiques et à l’alimentation ? Et bien pas du tout, on l’applique également aux animaux de laboratoires. Les chercheurs sont toujours à la recherche d’une nouvelle star de laboratoire. Pourquoi ? Parce que les vedettes précédentes s’avèrent décevantes au final. Ci-dessous une liste non-exhaustive d’espèces animales condamnées aux laboratoires par les chercheurs qui continuent à ignorer le fait que ce genre de recherche est voué à l’échec, vu qu’aucune espèce n’est un modèle biologique pour une autre espèce.

 

Le chimpanzé

Commençons avec le chimpanzé, le « meilleur modèle possible » selon les chercheurs, pour l’étude de maladies chez l’homme. L’utilisation en laboratoire du chimpanzé a été lancée dans les années 1950 principalement aux Etats-Unis. Ces animaux furent souvent réutilisés étant donnée leur espérance de vie, soit une vie en détention jusqu’à 40 ans dans les laboratoires. Bien que le chimpanzé partage 98,4% de son ADN avec l’humain, le premier est quasiment immunisé contre le SIDA, le paludisme humain, les hépatites et certains de nos cancers.

Bilan : le 18 novembre 2015, le directeur du NIH (National Institutes of Health, le plus grand organisme de recherche biomédicale au monde) annonce qu’il « ne financera plus la recherche biomédicale sur les chimpanzés ». Cette décision résulte d’une évaluation strictement scientifique, demandée deux ans plus tôt à l’Institut de Médecine (IOM, USA) qui constate que le chimpanzé n’est plus considéré comme indispensable pour la recherche biomédicale.

Toutes les autres espèces étant plus éloignées de nous en termes d’évolution, il faut conclure qu’elles seraient d’encore moins bons « modèles ». La chute du premier domino « chimpanzé » entraîne donc celle de tous les autres dominos : autres primates, chiens, rats, souris, poissons zèbre, pinsons …

Le singe macaque

Après le chimpanzé, c’est le singe qui nous ressemble le plus au niveau génétique. Petit bémol : si nous sommes déjà éloignés du chimpanzé par 7 millions d’années d’évolution, 25 millions d’années nous séparent du singe en termes de fonctionnement physiologique.

Ayant quasiment décimé les populations du singe macaque de type « rhésus » en Inde pendant les années 1960 à 1980, les chercheurs ont ensuite tourné leur attention vers l’élevage intensif du singe macaque de type « crabier » afin de fournir un animal de laboratoire « propice » en vue d’effectuer les tests de toxicologie requis pour une autorisation de mise sur le marché des médicaments destinés à l’homme.

Bilan : malgré notre proximité avec les singes, cet animal n’est pas un modèle prédictif en ce qui concerne notre santé. Les tests sur les singes en laboratoire se pratiquent surtout pour fournir des données issues du vivant exigées par une réglementation ayant 70 ans de retard par rapport aux connaissances actuelles. Les chercheurs ignorent également le fait que deux individus de type macaque originaires de différentes régions du monde peuvent ne pas fournir le même résultat pour une substance donnée.

Le chien beagle

Outre le fait que le chien marche sur quatre pattes, cet animal est éloigné de nous d’environ 80 millions d’années d’évolution. Tout comme le singe, le chien beagle est soumis à l’élevage intensif afin de fournir un animal de laboratoire « propice ».

Bilan : le foie est l’organe principal pour métaboliser les médicaments. Cependant, d’importantes différences existent entre le chien et l’homme quant au fonctionnement du foie. Malgré tous les chiens « sacrifiés » au cours des tests réglementaires, les pathologies du foie chez les patients humains constituent la principale cause de mortalité liée aux médicaments.

La souris

Le séquençage du génome de la souris a été achevé en 2002. Les chercheurs ont vivement annoncé une « révolution scientifique » grâce à ce merveilleux organisme pour mieux comprendre les mécanismes du cancer et des maladies génétiques de l’homme. Leur enthousiasme était tel que des milliards de dollars et d’euro ont été investis pour créer des milliers de lignées de souris génétiquement modifiées. 

Bilan : la souris rafle les Nobel de médecine depuis le début du XXe siècle mais lance systématiquement les chercheurs sur de fausses pistes. Le débat a suscité une tribune publiée dans Le Monde (février 2015) intitulée « La souris : reine contestée des labos » ou encore « La souris : pas top-modèle »). Concrètement, les études sur les souris permettent aux chercheurs de publier un nombre important d’articles dans les revues scientifiques mais ne conduisent pas à des traitements pour soigner des maladies humaines.

Le rat-taupe nu

Le rat-taupe nu continue d’impressionner les scientifiques. C’est un rongeur fouisseur et pratiquement aveugle qui habite sous terre. Une équipe de biologistes a montré que le risque de mortalité de cet animal singulier n’augmente pas avec l’âge. C’est sans doute en raison de ce super pouvoir que les chercheurs, qui travaillent la plupart du temps dans des laboratoires en sous-sols, s’intéressent tellement au rat-taupe nu !

Bilan : le rat-taupe nu est l’exemple d’une espèce animale qui, malheureusement pour elle, a attiré l’attention des chercheurs grâce à des qualités strictement propres à son espèce et résultant d’une évolution de plusieurs millions d’années. Il faudra attendre que les chercheurs « s’ennuient avec le jouet » afin que cet animal ne soit plus exploité dans les laboratoires.

Le poisson zèbre

En termes de chiffres, le poisson zèbre est devenu un des animaux les plus exploité dans les laboratoires. Principalement parce ce que ce poisson est facile à élever, à manipuler et qu’il est transparent. Très apprécié des chercheurs, le poisson zèbre possède l’étonnante faculté de régénérer indéfiniment ses membres et même ses yeux ou son cœur, suite aux multiples interventions. L’espoir des chercheurs « rêveurs » : reproduire cette aptitude chez l’homme.  

Bilan : même conclusion que le rat-taupe nu.

Conclusion

La société civile est de moins en moins prête à accepter la souffrance animale, même sous la soi-disant justification d’un « mal nécessaire » pour faire avancer la médecine humaine. Nous sommes arrivés à un point où la société demande le réel « coût-bénéfice » du sacrifice de centaines de millions de vies animales associé à l’octroi de centaines de milliards d’euro à la recherche animale, versus les réelles avancées médicales que les chercheurs nous promettent si régulièrement.

Il semble que les chercheurs ne se sentent pas concernés a priori par la responsabilité morale de fournir un bilan honnête aux contribuables qui, pendant des décennies, ont fait confiance aux hommes en blouses blanches et à leurs paroles rassurantes. Le public n’est pas dupe mais il est peu informé. Il est donc temps de débattre de façon approfondie et transparente du sujet de la recherche animale afin d’exposer le vrai calcul « coût-bénéfice ».