Notre lettre aux 11 candidats à l’élection présidentielle 2017

Paris, le 27 mars 2017

Madame la candidate à l’élection présidentielle,
Monsieur le candidat à l’élection présidentielle,

Au cours de la campagne pour la prochaine élection présidentielle, lorsqu’ils sont interrogés sur les questions de santé, nous entendons les candidats s’exprimer surtout sur le coût et la prise en charge des soins.

Nous souhaitons attirer votre attention sur les causes possibles des maladies humaines -donc, sur les possibilités de prévention- et sur le manque d’efficacité de beaucoup de traitements dont le coût pèse pourtant très lourd sur le budget de la France.

De nombreuses études ont mis en évidence le rôle des polluants chimiques dans la survenue de cancers, de maladies neurologiques et autres maladies. Or, la toxicité des substances chimiques est évaluée sur des animaux, dont les réactions ne sont pas forcément les mêmes que les nôtres. Tous les médicaments prescrits en médecine humaine ont été, par obligation légale, testés sur des animaux. Or, on constate que sur 10 médicaments qui passent avec succès les essais sur des animaux, 9 échouent aux essais sur l’homme. Ce chiffre et bien d’autres que nous pourrions vous communiquer devraient vous amener à vous interroger sur la validité scientifique des modèles animaux couramment utilisés en toxicologie et en recherche biomédicale humaines.

Une meilleure prévention et de plus nombreux succès thérapeutiques pourraient être atteints si on remplaçait les modèles animaux par des méthodes fiables et pertinentes pour l’homme (1). Nous espérons que vous voudrez bien prendre en compte nos arguments dans l’intérêt de la santé humaine et que vous ne nous ferez pas la sempiternelle réponse sur la prise en compte du bien-être animal lors d’expériences encadrées par la loi, cette réponse étant hors sujet.

Nous connaissons cette loi, la directive européenne 2010/63/UE, laquelle doit faire l’objet d’une révision avant décembre 2017 (2). Basée sur le concept des 3Rs (3) qui est un principe éthique et non scientifique, cette directive présuppose que les données obtenues sur une espèce animale seraient valables pour d’autres espèces (l’espèce humaine, par exemple), ce qui n’a jamais été prouvé. Au contraire, de plus en plus de chercheurs s’interrogent sur la prétendue validité du modèle animal.

En vue d’informer nos adhérents et sympathisants sur votre prise en compte de ces éléments, nous vous saurions gré de répondre aux trois questions ci-dessous.
Si vous êtes élu(e) à la Présidence de la République Française :
1. Accepterez-vous de recevoir des représentants d’Antidote Europe pour évaluer le problème que pose la recherche animale pour la santé humaine et envisager de possibles solutions ?
2. Accepterez-vous de charger les autorités compétentes d’organiser un débat strictement scientifique sur la validité du modèle animal selon les modalités rigoureuses déjà proposées au Parlement britannique par nos collègues au Royaume-Uni et acceptées par plus de 130 membres de ce Parlement ?
3. Accepterez-vous de charger les autorités compétentes d’introduire dans la directive européenne 2010/63/UE un amendement qui obligerait à valider, par comparaison avec des données humaines, tout modèle animal destiné à la toxicologie ou à la recherche sur la physiologie et les maladies humaines ?

Nous vous remercions bien vivement pour votre attention et vous souhaitons bonne continuation pour votre campagne.

Veuillez accepter, Madame, Monsieur, nos bien cordiales salutations.

Hélène SARRASECA
Membre fondateur d’Antidote Europe
Diplômée en neurosciences
Auteur du livre « Animaux cobayes et victimes humaines » (éd Dangles, 2006)

(1) Pour plus de détails, voir le document « Dossier Candidats 2017 » sur http://antidote-europe.org/public/DossierCandidats2017Logo.pdf
(2) Voir notre article sur http://antidote-europe.org/2017-revision-de-directive/
(3) Voir notre article « Les 3Rs » sur http://antidote-europe.org/3rs-rien-a-voir-science