Exigeons l’ouverture d’une enquête parlementaire !

De récents contacts avec des associations de défense animale nous donnent l’espoir d’obtenir par une voie nouvelle ce qui nous a été refusé par les voies les plus directes. Une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs vient de voir le jour. Pourquoi pas sur l’expérimentation animale ?

justiceComme nos adhérents le savent, bien qu’Antidote Europe ne soit pas une association de défense animale, nous travaillons souvent en étroite collaboration avec de telles associations, mettant en commun notre argumentation scientifique et leur puissance de communication auprès des médias, des responsables politiques et du grand public. C’est le 3 septembre, lors des actions de protestation contre le CEDS (Centre d’élevage des Souches), à Mézilles, qu’une nouvelle idée d’action est née. Nous avons appris que l’association L214 venait d’obtenir la création à l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs. Nul doute que l’intense campagne d’information de L214, relayée par d’innombrables médias, n’ait été un puissant levier pour mettre en place cette commission d’enquête.

L’opinion publique doit être plus forte que les lobbies de l’expérimentation animale et que la « mauvaise science » qu’ils produisent !
Rappelons que cette expression (« mauvaise science ») a été utilisée il y a plus de dix ans déjà par un professeur de toxicologie pour désigner les essais de toxicologie sur des animaux. Les données ainsi obtenues, en effet, mettent quotidiennement en danger la santé humaine. Or, il est impossible pour nous d’avancer tous nos arguments contre l’expérimentation animale en seulement quelques minutes à la télévision ou à la radio alors que les chercheurs qui utilisent des animaux ont recours à du chantage émotionnel qui fonctionne, hélas, sur un public peu et mal informé.

Il faut donc utiliser une autre stratégie afin de provoquer un débat public approfondi. C’est la raison pour laquelle nous vous proposons l’action suivante : interpeller les députés de votre département, soit par écrit soit face à face en sollicitant un rendez-vous à leurs permanences, pour leur demander de déposer une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la question de la validité du modèle animal. Plus d’informations sur la création de commissions d’enquête sur http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/les-fonctions-de-l-assemblee-nationale/les-fonctions-de-controle-et-l-information-des-deputes/les-commissions-d-enquete-et-les-missions-d-information-creees-par-la-conference-des-presidents.

Le but de cette enquête serait de rassembler des experts scientifiques des deux côtés pour débattre de ce sujet de façon approfondie. Les conclusions de cette enquête devraient aboutir à des recommandations pour faire évoluer les lois qui exigent encore la pratique d’essais sur des animaux.

La création d’une commission d’enquête parlementaire sur la question de la validité du modèle animal serait une première étape sur le chemin d’une prise de conscience des Français sur cette fraude scientifique que représente l’expérimentation animale. Toutefois, cette première étape dépend de votre engagement et de votre volonté à exercer une pression suffisante pour convaincre nos élus que nous n’allons pas abandonner ce projet tant qu’il ne sera pas traité par les plus hautes autorités gouvernementales et de façon transparente.

Pour motiver votre démarche, vous pouvez rédiger une lettre en utilisant les arguments ci-dessous. Nous vous invitons à transmettre ensuite une copie de cette lettre aux ministres de la Recherche (Mme Najat Vallaud-Belkacem – 1 rue Descartes – 75231 Paris cedex 05) et de la Santé (Mme Marisol Touraine – 14 ave Duquesne – 75007 Paris).

Vous pouvez aussi signer notre pétition adressée à l’Assemblée nationale mise en place le 24 octobre 2016 et qui vise 100 000 signatures. Rendez-vous sur http://www.mesopinions.com/petition/politique/experimentation-animale-exigeons-commission-enquete-parlementaire/25725

N’hésitez pas à diffuser cette campagne autour de vous ! Soyons nombreux à nous mobiliser pour notre santé et pour une science moderne et responsable ! Les défenseurs des animaux nous remercieront eux aussi lorsque nous aurons pu démontrer l’inutilité du sacrifice de plus de 12 millions d’animaux chaque année dans les laboratoires européens.

Exemple de lettre

A l’attention de M. ou Mme ……., député(e) de …. (à compléter selon votre domicile)

En tant que député, vous pouvez déposer une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête parlementaire. Nous vous serions reconnaissants de demander la création d’une enquête parlementaire sur la validité du « modèle animal » pour la recherche biomédicale et la toxicologie humaines et sur le rapport coût/bénéfice de la recherche fondamentale impliquant l’utilisation d’animaux.

Cette demande s’appuie notamment sur les points suivants :

  1. L’expérimentation animale représente un des plus grands malaises dans l’opinion publique (68% des citoyens européens seraient opposés à la recherche utilisant des animaux pour mieux comprendre le fonctionnement du vivant, selon un des plus grands sondages à ce propos commandé par la Commission européenne (1) ; ce chiffre atteint quasiment 100% quand il s’agit en particulier de l’utilisation de primates (2)).
  2. Aucune espèce animale n’étant un modèle biologique fiable pour une autre, il s’avère que le « modèle animal » n’est pas prédictif pour l’homme (3 – 10).
  3. Des critiques de plus en plus nombreuses émergent au sein de la communauté scientifique quant à la pertinence du « modèle animal » et à son application à la santé humaine (11- 15).
  4. La majorité (environ 80%) des études menées en recherche fondamentale (définition ci-dessous) et préclinique (visant à mettre à développer de nouveaux médicaments pour l’homme) n’est pas reproductible, c’est-à-dire qu’une autre équipe de chercheurs (voire, parfois, la même équipe !) ne parvient pas à obtenir le même résultat que lors de la même expérience réalisée une fois précédente (16-18). ). Il s’avère également que dans les universités pratiquant l’expérimentation animale, la recherche fondamentale représente jusqu’à 90 % de l’ensemble des études menées sur des animaux.

Définition : la recherche fondamentale consiste en des travaux expérimentaux ou théoriques principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière (19). Toutefois les chercheurs vont souvent labelliser leur étude fondamentale comme ayant une application à l’homme afin de justifier leurs demandes de subventions (20).

  1. Alors que la directive européenne 2010/63/EU relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques encourage le recours aux « méthodes alternatives » afin de réduire et de remplacer l’utilisation de ces animaux, ceci n’est pas reflété dans les budgets consacrés à ces méthodes.
  2. La composition des comités d’éthique censés valider les études sur animaux n’est pas équilibrée quant aux représentants du grand public, voire également pour les représentants d’associations de protection animale. Il serait temps de vérifier si le Code rural (Décret n° 2013-118 du 1er février 2013 relatif à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques) est respecté au sein de toutes les institutions pratiquant l’expérimentation animale concernant la composition équitable de chaque comité d’éthique.
  3. Où sont les preuves en termes de rapport coût/bénéfice (souffrance animale versus progrès médical humain) que l’expérimentation animale (et principalement en matière de recherche fondamentale) est positif ? Bien au contraire, les études approfondies (revues de synthèse) démontrent que l’efficacité de ce genre de recherche animale est dérisoire (0.004% en l’occurrence) (21 – 25).

 

Références :

  1. http://ec.europa.eu/environment/chemicals/lab_animals/pdf/results_citizens.pdf (voir question 22)
  2. http://www.mesopinions.com/sondage-resultats/sante/trouvez-acceptable-experimenter-primates-mieux-comprendre/4211
  3. http://antidote-europe.org/modeles-animaux-ont-ils-valeur-predictive/
  4. http://antidote-europe.org/aysha-akhtar-recherche-animale/
  5. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18186670
  6. http://www.medsci.org/v10p0206.htm
  7. http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/05/19/la-guerre-du-modele-animal-n-aura-pas-lieu_4636423_1650684.html
  8. http://www.aaas.org/sites/default/files/Hertzberg-Souris.pdf
  9. http://www.futuremedicine.com/doi/pdf/10.2217/pme.11.89
  10. Animal Models in Light of Evolution (2009). Shanks, N. & Greek, R. Brown Walker Press, Boca Raton
  11. Seok, J., et al. (2014). Genomic responses in mouse models poorly mimic human inflammatory diseases. Proc Natl Acad Sci U S A 110(9):3507-12.
  12. Mestas, J. & Hughes, C. C. (2004). Of mice and not men : differences between mouse and human immunology. J Immunol172(5):2731-8.
  13. Yue, F. et al. (2014). A comparative encyclopedia of DNA elements in the mouse genome.
  14. http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3719
  15. http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3387
  16. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25552691
  17. http://antidote-europe.org/recherche-biomedicale-beaucoup-de-gaspillage/
  18. http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.0020124
  19. https://fr.wikipedia.org/wiki/Recherche_fondamentale
  20. http://www.opposingviews.com/i/basic-science-using-animals-ii
  21. http://antidote-europe.org/justifier-utilisation-animaux-sentients-recherche-fondamentale/
  22. Grant J, Green L, Mason B. Basic research and health: a reassessment of the scientific basis for the support of biomedical science. Research Evaluation. 2003;12:217–224.
  23. Contopoulos-Ioannidis DG, Ntzani E, Ioannidis JP. Translation of highly promising basic science research into clinical applications. Am J Med. 2003;114:477–484.
  24. Lost in clinical translation. Nat Med. 2004;10:879.
  25. Crowley WF Jr. Translation of basic research into useful treatments: how often does it occur? Am J Med. 2003;114:503–505.