Dialogue engagé en Suède

Grâce à une bonne collaboration avec d’autres associations européennes, nous avons pu rencontrer des chercheurs et des responsables du prestigieux Institut Karolinska pour entamer le dialogue sur l’abandon d’expériences menées sur des singes.

Antidote Europe et d’autres associations en Europe essayent d’obtenir l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire qui évaluerait la validité du modèle animal pour la recherche biomédicale et la toxicologie humaines. Une telle commission, dans quelque Etat membre de l’Union européenne que ce soit, pourrait proposer des mesures à prendre sur le plan national et créerait ainsi un précédent qui pourrait être mis en avant dans les autres Etats membres et au niveau européen.

Sans attendre que cette commission d’enquête voie le jour, nous pouvons agir au cas par cas dans les centres où se pratique l’expérimentation animale, notamment dans les universités. Une première victoire à été obtenue aux Pays-Bas, avec nos collègues belges et néerlandais, auprès de l’Université Radboud, à Nijmegen, qui a déclaré qu’elle ne renouvellerait pas les licences accordées pour des recherches sur des primates suite à le remise de pétitions signées par des dizaines de milliers de personnes ; voir notre article sur http://antidote-europe.org/modele-singe-bat-de-laile/.

55.000 signatures

Le 23 mars 2017, André Ménache était à Stockholm pour une rencontre avec le suppléant du recteur de l’Institut Karolinska, des chercheurs de cet institut et nos partenaires des associations Animal Justice Project (britannique) et Djurrattsalliansen (suédoise). Cet institut a une renommée mondiale et participe à l’attribution du Prix Nobel de médecine et de physiologie. Notre réunion a été relayée sur le site officiel de l’Institut : http://ki.se/nyheter/ki-tog-emot-namninsamling-mot-forskning-med-makaker.

La rencontre était préparée de longue date puisque, déjà en 2015, André Ménache était intervenu pour apporter une argumentation scientifique contre l’utilisation de primates non humains dans le cadre de recherches prévues à l’Institut Karolinska ; voir notre article sur http://antidote-europe.org/experiences-singes-suede/. Nous avions déjà constaté l’isolement de la Suède en la matière puisqu’elle est le dernier pays scandinave où se pratiquent des expériences sur des primates non humains.

L’étape suivante a été de montrer aux responsables et aux chercheurs de l’Institut la détermination de notre engagement et la forte opposition du public aux expériences menées sur des singes. C’est ainsi que, au cours de la réunion du 23 mars dernier, une pétition réunissant plus de 55.000 signatures a été présentée par les associations.

Une discussion ouverte

Cette rencontre constitue un pas important dans le dialogue scientifique qui a pour but de remplacer l’utilisation de singes par des méthodes fiables et pertinentes pour la santé humaine. Important, nous le soulignons, car il est très rare que des chercheurs d’un établissement où se pratique l’expérimentation animale acceptent de rencontrer des scientifiques opposés à cette pratique.

Au préalable, André Ménache avait demandé aux chercheurs de prouver, articles publiés dans des revues à comité de lecture à l’appui, que le macaque rhésus est bien un modèle biologique de l’homme pour l’étude du paludisme, sujet sur lequel ils travaillent. Ces articles ont été apportés le jour même de la réunion, ce qui nous a empêché de préparer notre argumentation à l’avance. Mais qu’à cela ne tienne. De retour de Suède, nous les avons lus attentivement et nous avons constaté la pauvreté de leur argumentation.

Comme suite immédiate à cette action, André Ménache prépare un rapport scientifique réfutant les « preuves » de la pertinence du modèle macaque pour la mise au point d’un vaccin contre le paludisme destiné à l’homme. Il montrera aussi que des méthodes modernes et fiables, sans recours à l’expérimentation animale, sont disponibles pour ce sujet de recherche précis.

Pour des raisons évidentes de stratégie de campagne en bonne entente avec nos associations partenaires, nous ne pouvons vous en dire plus pour l’instant mais croyez-nous : le rapport d’André Ménache ne restera pas dans un tiroir !