N’attendons pas que l’accident se produise

Paris, le 13 juin 2016 – Antidote Europe, comité scientifique, interpelle le Haut Conseil des Biotechnologies au sujet de recherches prévues au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) de Fontenay-aux Roses. Cet établissement a reçu un avertissement de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour son manque de transparence dans l’assainissement et le démantèlement des installations nucléaires civiles. Mais il y a pire pour les habitants de Fontenay : le danger d' »évasion » d’agents infectieux dans un environnement… très peuplé !

Alors que ces habitants ont été exposés durant des années au danger lié aux études sur le nucléaire, désormais, ils seront exposés à des risques biologiques en raison d’activités de recherche liées à certains virus et prions, pour certains, génétiquement modifiés. Il existe sur le site du CEA une demi-douzaine de structures travaillant sur des virus, des bactéries, des parasites et des agents pathogènes non-conventionnels (type prions). Certaines de ces recherches se font sur des « modèles animaux » infectés, notamment sur des singes.

Le CEA est agréé à un niveau de sécurité P3 (pathogène de classe 3), ce qui signifie qu’il s’agit d’un laboratoire de microbiologie à haut risque pour la santé humaine et pour l’environnement.

Or, même à partir de confinements P4 (le niveau de sécurité le plus important), des agents infectieux faisant l’objet d’expériences peuvent se retrouver dans l’environnement. Un cas de fuite du virus de la fièvre aphteuse s’est produit à Pirbright au Royaume Uni. Un autre incident a eu lieu suite à une coupure d’alimentation électrique au P4 du CDC (Centers for Disease Control, laboratoires de référence en recherche sur les agents infectieux aux Etats-Unis) à Atlanta. Outre les fuites accidentelles, de telles installations peuvent être la cible d’actes de bioterrorisme. Monsieur Manuel Valls, Premier ministre, vient pourtant d’inaugurer l’extension d’un laboratoire P4 à Lyon, au parc scientifique biopôle de Gerland, en pleine ville aussi, donc, le « plus grand laboratoire européen de haute sécurité biologique » dont se félicite l’Inserm (1).

Antidote Europe considère que la manipulation d’agents infectieux au sein d’établissements si proches des populations humaines, constitue une infraction à l’article 11 du préambule de la Constitution qui garantit par l’Etat la protection de la santé individuelle et publique, ainsi qu’à l’article 3 de la Charte de l’environnement relatif au principe de prévention. A ce propos, Antidote Europe a interpellé l’organisme compétent ainsi que nos élus afin qu’ils agissent avant que l’accident se produise.

Voir notre lettre sur http://antidote-europe.org/public/Courrier_Haut_conseil_biotechnologies.pdf

Pour plus d’informations, voir http://antidote-europe.org/cea-troque-atomes-contre-virus

Contacts médias

Dr André Ménache : 06 23 42 62 95
Directeur d’Antidote Europe
http://.antidote-europe.org

(1) http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/2015/05/09/lyon-manuel-valls-inaugure-lundi-l-extension-du-laboratoire-p4-721327.html